La religion juive comporte plusieurs fêtes qui permettent de rythmer l’année. On peut distinguer deux types de fêtes : les fêtes dites « toraïques » prescrites dans la Torah et les fêtes dites « d’institution rabbinique » qui sont des fêtes mises en place par les rabbins ou les sages du judaïsme dans le but par exemple de commémorer des évènements importants. Concernant ces dernières, les courants qui n’adhérent pas au judaïsme dit rabbinique ne célèbrent pas ces fêtes. C’est le cas par exemple des Karaites (voir ici pour les courants du judaïsme). Notez que pour chacune des fêtes vous trouverez la translittération (qui correspond au nom en français) suivi de son écriture en hébreu.
Par souci de transparence, je précise que l’intelligence artificielle a été utilisée de façon limitée pour produire cet article. Je m’en suis servi pour disposer plus rapidement des noms en hébreu des moments importants des fêtes que j’ai jugé les plus essentielles ainsi que leur translittérations. Le reste du contenu : les brefs résumés de chaque fête, les détails des moments/composantes essentiels, les tableaux, les citations bibliques etc… sont issus de mon travail personnel.
Le calendrier juif
Avant de commencer, il est important de comprendre que le calendrier traditionnel juif diffère de notre calendrier. Voici les noms des mois dans le calendrier juif avec une concordance dans notre calendrier. Comme ces fêtes sont décrites dans la Bible Hébraïque en comptant les mois, j’ajoute également leur numérotation. Voici un tableau avec la numérotation biblique, la translittération (qui fait office de nom en français), le mois en hébreu, et la période correspondante dans les calendriers chrétiens :
| 1 | Nissan | נִיסָן | Mars-Avril |
| 2 | Iyar | אִייָר | Avril-Mai |
| 3 | Sivan | סִיוָן | Mai-Juin |
| 4 | Tamouz | תַּמּוּז | Juin-Juillet |
| 5 | Av | אָב | Juillet-Août |
| 6 | Eloul | אֱלוּל | Août-Septembre |
| 7 | Tichri | תִּשְׁרֵי | Septembre-Octobre |
| 8 | Heshvan | חֶשְׁוָן | Octobre-Novembre |
| 9 | Kislev | כִּסְלֵו | Novembre-Décembre |
| 10 | Tèvèt | טֵבֵת | Décembre-Janvier |
| 11 | Shevat | שְׁבָט | Janvier-Février |
| 12 | Adar | אֲדָר | Février-Mars |
| Véadar | Mois intercalaire des années dites « embolismiques », pour tenir compte du fait que le calendrier juif est à la fois solaire (cycle annuel) et lunaire (cycle mensuel), ce qui implique de rajouter un mois de façon irrégulière |
Ce sont les noms des mois juifs qui seront utilisés pour indiquer les dates approximatives des fêtes.
Les fêtes toraïques
Shabbat (שַׁבָּת)

C’est sans doute la fête juive la plus connue. On peut la qualifier de marqueur identitaire. Il s’agit du jour de repos hebdomadaire des personnes juives qui a lieu du vendredi soir au samedi soir. Tous les travaux sont interdits pendant cette période. Le terme « travail » est étendu à toutes les activités créatrices. En Israël c’est officiellement un jour chômé. Je décris Shabbat plus en détail dans cet article, vous y trouverez plus de détails sur les interdits et sur le déroulé d’une journée type.
Rosh Hodesh (ראש חודש)
Rosh Hodesh peut se traduire littéralement par « Tête du mois ». Il s’agit d’une célébration mineure du judaïsme qui consiste à célébrer le mois nouveau. On retrouve cette prescription dans le livre des Nombres ou « Dans le désert » ou Bamidbar au chapitre 10 :
Dans vos jours de joie, lors de vos fêtes et de vos débuts de mois, vous sonnerez de la trompette en offrant vos holocaustes et vos sacrifices de communion, et cela vous servira de souvenir devant votre Dieu. Je suis l’Eternel, votre Dieu.
Pessah (פֶּסַח)

On peut décrire la Pessah comme la « pâque juive » (même si elle n’a évidemment aucune ressemblance avec la pâque chrétienne). On y célèbre la sortie des hébreux d’Egypte sous la conduite de Moïse. Il est de coutume de consommer du pain azyme, et de ne pas consommer des aliments à base de pâte levée, en souvenir de la sortie précipitée d’Egypte. Les juifs les plus pratiquants font à cette occasion un grand ménage chez eux en faisant littéralement la chasse à tous les produits à base de pâte levée et les grains comme le blé, l’orge, l’avoine, l’épeautre ou encore le seigle. Une vaisselle spécifique est parfois utilisée lors de cette fête, de façon à ne pas prendre le risque d’enfreindre l’interdiction des aliments à base de pâte levée. A noter que cette pratique concerne uniquement les courants du judaïsme rabbinique, les Karaites par exemple ne reconnaissent pas ces interdictions supplémentaires ajoutées par les rabbins. Pour eux, l’interdiction porte uniquement sur le pain levé. Ces instructions sont issues du livre d’Exode ou « Noms » ou Shemot au chapitre 12 lors de l’institution de la Pâque :
Ce mois-ci sera pour vous le premier mois, vous le considérerez comme le premier mois de l’année. […] Pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levains. Dès le premier jour, il n’y aura plus de levain dans vos maisons.
Le livre de l’Exode (toujours au chapitre 12) donne des précisions sur ce qui est attendu lors de cette fête (notamment la consommation de l’agneau pascal) :
Vous [l’agneau sans défaut, mâle, âgé d’un an] le garderez jusqu’au quatorzième jour de ce mois, où toute l’assemblée d’Israel le sacrifiera au coucher du soleil. […] Cette même nuit, on mangera sa viande rôtie au feu; on la mangera avec des pains sans levain et des herbes amères.
On retrouve cette prescription au chapitre 23 du livre Lévitique ou « Et il appela » ou Vayiqra :
Le quatorzième jour du premier mois, au coucher du soleil, ce sera la Pâque de l’Eternel. Et le quinzième jour de ce mois, ce sera la fête des pains sans levain en l’honneur de l’Eternel. Vous mangerez pendant 7 jours des pains sans levain. Le premier jour, vous aurez une sainte assemblée et vous n’effectuerez aucun travail pénible. […] Le septième jour, il y aura une sainte assemblée; vous n’effectuerez aucun travail pénible.
Le premier soir à lieu le dîner du Seder (en hébreu : סדר) et qui signifie « ordre » en hébreu. Ce repas suit un ordre précis ainsi qu’une composition particulière. On retrouve sur la table des juifs pratiquants :
- Un os d’agneau, en souvenir de la prescription biblique
- Un oeuf dur, symbole du sacrifice supplémentaire
- Des herbes amères, symbole des souffrances du peuple hébreu en Egypte
- Un mélange écrasé de dattes, noix, raisin et vin en souvenir du mortier utilisé par les hébreux (alors esclaves en Egypte)
- Du persil et du céleri trempés dans l’eau salée en souvenir des souffrances du peuple hébreu
- De l’eau salée, là aussi en souvenir des souffrances en Egypte
- Trois pains azymes sont également présents sur la table, en souvenir de la prescription biblique
Notons que le repas traditionnel ne contient pas d’agneau (contrairement à la prescription biblique) mais simplement un os symbolisant ce sacrifice. Cela tient au fait que de nombreuses communautés juives estiment qu’il n’est plus possible de consommer cet animal à Pessah dans la mesure où cela reviendrait à accomplir un sacrifice, ce qui n’est plus possible avec la disparition du Temple à Jérusalem. Comme cette attitude découle de prescriptions rabbiniques, les Karaites et Samaratins (qui pratiquent un judaïsme non-rabbinique) consomment cet animal à Pessah. Il est de coutume de boire quatre coupes de vin. Ensuite, il faut respecter un ordre précis pour réaliser ce repas. Ce dernier suit ce déroulé (avec les translittérations, noms en hébreu et enfin la signification du moment) :
- Kadesh (קדש) : le chef de famille récite la bénédiction sur le vin et déclare ainsi le début du Seder.
- Urchatz (ורחץ) : tous les participants se lavent les mains.
- Karpas (כרפס) : un légume, généralement du persil ou du céleri, est trempé dans de l’eau salée pour symboliser les larmes des esclaves juifs.
- Yachatz (יחץ) : la personne qui dirige le Seder prend la Matsa du milieu des trois Matsot présentes sur la table, la casse en deux et en met de côté la plus grande moitié pour plus tard.
- Maggid (מגיד) : le récit de l’histoire de l’Exode est raconté.
- Rachtza (רחצה) : les participants se lavent à nouveau les mains, cette fois-ci avec une bénédiction, en préparation du repas pascal.
- Motzi (מוציא) : la bénédiction sur le pain est récitée, suivie de la consommation de Matsa.
- Matza (מצה) : une bénédiction spécifique est récitée sur la Matsa, suivie de sa consommation.
- Maror (מרור) : des herbes amères, comme le raifort par exemple, sont mangées pour rappeler l’amertume de l’esclavage en Égypte.
- Korekh (כורך) : une combinaison de Matsa et de Maror est mangée.
- Shulchan Orekh (שולחן עורך) : le repas pascal est servi et consommé dans une atmosphère festive.
- Tzafun (צפון) : la moitié de la Matsa mise de côté précédemment, appelée Afikomen, est mangée comme dernier aliment du repas.
- Barekh (ברך) : les bénédictions après le repas, y compris la bénédiction sur la troisième coupe de vin, sont récitées.
- Hallel (הלל) : des louanges spéciales sont récitées, souvent sous forme de psaumes, pour célébrer la liberté retrouvée.
- Nirtzah (נרצה) : le Seder se termine par l’expression de l’espoir pour la rédemption complète et l’année prochaine à Jérusalem.
La fête dure huit ou sept jours, et se déroule le mois de Nissan.
Chavouoth (שָׁבוּעוֹת)
Cette fête commémore le don de la Loi (Torah) fait par Dieu à Moïse au mont Sinaï dans la tradition rabbinique. C’est également une fête aux racines agricoles, car on célèbre aussi l’arrivée des premiers fruits. Dans la Torah, elle est décrite comme la fête des semaines au chapitre 16 du livre du Deutéronome ou « Paroles » ou Devarim :
Tu compteras sept semaines [à compter de Pessah]. Dès que ta faucille sera mise dans les blés, tu commenceras à compter sept semaines. puis tu célébreras la fête des semaines en l’honneur de l’Eternel […]
Voici les moments essentiels de Chavouoth (avec la translittération, le terme en hébreu et le sens du moment) :
- Tikkun Leil Shavuot (תיקון ליל שבועות) : la nuit précédant Chavouoth est souvent consacrée à l’étude de la Torah. Cette pratique est connue sous le nom de « Tikkun Leil Shavuot », où les fidèles participent à des études de textes sacrés et à des discussions religieuses jusqu’au matin.
- Téfilot (תפילות) : des prières spéciales sont récitées à la synagogue pendant la journée de Chavouoth, y compris la prière du matin. Les fidèles louent Dieu pour le don de la Torah et demandent Sa bénédiction pour l’année à venir.
- Kriat HaTorah (קריאת התורה) : pendant les services de la synagogue de Chavouoth, la Torah est lue publiquement. Les sections lues incluent souvent les Dix Commandements ainsi que des passages liés au thème du don de la Torah.
- Seudat Yom Tov (סעודת יום טוב) : comme pour de nombreuses fêtes juives, Chavouoth est l’occasion de partager des repas festifs en famille et entre amis. Les plats traditionnels de Chavouoth comprennent souvent des produits laitiers, tels que des blintzes (crêpes), des cheesecakes, et des plats de fromage.
- Hag HaBikkurim (חג הבכורים) : Chavouoth est également associée à la fête des prémices. Bien que cette pratique ne soit plus observée aujourd’hui, elle est souvent commémorée par des démonstrations symboliques dans certaines communautés.
La fête dure un ou deux jours, et se déroule au mois de Sivan.
Soukkot (סֻכּוֹת)

Parfois aussi appelée la « fête des cabanes », Soukkot commémore les 40 ans passés dans le désert lors de l’errance du peuple hébreu entre la sortie d’Egypte et l’entrée dans la terre promise. La tradition veut que l’on construise à cette occasion une cabane que l’on appelle en hébreu soukka (soukkot au pluriel). Il s’agit, comme son nom l’indique, d’une simple cabane dont le toit est fait de simples branchages pour laisser voir le ciel et les étoiles. Il est de coutume pendant cette fête d’agiter ce que l’on appelle du louvav, qui est une branche de palmier-dattier en souvenir de la prescription biblique. La fête est décrite dans le livre du Lévitique ou « Et il appela » ou Vayiqra au chapitre 23 :
L’Eternel dit à Moïse: « Transmets ces instructions aux Israélites: le quinzième jour de ce septième mois, ce sera la fête des tentes en l’honneur de l’Eternel, qui durera sept jours. Le premier jour, il y aura une sainte assemblée, vous n’effectuerez aucun travail pénible. […] le premier jour sera un jour de repos, et le huitième aussi. […] Le premier jour, vous prendrez de beaux fruits, des branches de palmiers, des rameaux d’arbres touffus et des saules de rivière, et vous vous réjouirez devant l’Eternel, votre Dieu, pendant 7 jours. […] Vous habiterez pendant 7 jours sous des tentes. Tous les Israélites de naissance habiteront sous des tentes afin que vos descendants sachent que j’ai fait habiter les Israélites sous des tentes après les avoir fait sortir d’Egypte. »
Voici les moments essentiels de cette fête (avec la translittération, le nom en hébreu et le sens du moment) :
- Binyat haSukkah (בניית הסוכה) : avant le début de la fête, les fidèles construisent une cabane spéciale appelée soukka dans laquelle ils vont manger et parfois dormir pendant la durée de la fête. La soukka est généralement construite avec des branches et des matériaux naturels, et elle est décorée de guirlandes, de fruits et de décorations festives.
- Arba’at HaMinim (ארבעת המינים) : pendant la fête de Soukkot, les Juifs agitent les « Quatre Espèces » lors des prières du matin. Ces espèces sont listées dans la prescription biblique plus haut.
- Hoshana Rabbah (הושענא רבה) : le septième jour de Soukkot est appelé Hoshana Rabbah. C’est un jour de prière intense où les fidèles récitent des passages spéciaux de la Torah appelés « Hoshanot » (הושענות) et agitent les Quatre Espèces autour de l’Arche sainte.
- Sim’hat Beit Hashoévah (שמחת בית השואבה) : pendant Soukkot, il y avait une cérémonie joyeuse appelée Sim’hat Beit Hashoévah, qui se déroulait dans la cour du Temple à Jérusalem à l’époque du Temple. Ce moment est remplacé par des danses accompagnées de musique par les pratiquants modernes.
- Akhilah baSukkah (אכילה בסוכה) : pendant la fête de Soukkot, les repas sont souvent pris dans la soukka en souvenir de la prescription biblique.
La fête dure sept jours, et se déroule le mois de Tichri.
Roch Hachana (הַשָּׁנָה רֹאשׁ)
Roch Hachana marque le nouvel an du calendrier juif. On commémore à l’occasion de cette fête la création du monde, soit la création d’Adam et Eve qui sont les premiers hommes. On sonne le Shofar (שׁוֹפָר) (corne de bélier) à la synagogue. La tradition veut que l’on célèbre généralement Roch Hachana en consommant des pommes enduites de miel. La fête est décrite elle aussi dans le livre du Lévitique ou « Et il appela » ou Vayiqra au chapitre 23 :
L’Eternel dit à Moïse : « Transmets ces instructions aux Israélites: le premier jour du septième mois, vous aurez un jour de repos proclamé au son des trompettes et une sainte assemblée. »
Instructions répétées dans Nombres ou « Dans le désert » ou Bamidbar au chapitre 29. Voici quelques étapes essentielles de la fête (avec les translittérations, les noms en hébreu et le sens de chaque moment) :
- Téfilot (תפילות) : les prières spéciales de Roch Hashana sont récitées à la synagogue. Elles incluent des prières spécifiques pour le Nouvel An ainsi que la sonnerie du shofar (שופר), une corne de bélier, qui est l’un des éléments les plus caractéristiques de la fête.
- Séoudot (סעודות) : pendant Roch Hachana, des repas festifs sont partagés en famille et entre amis. Ces repas comprennent souvent des plats symboliques comme le miel pour symboliser une année douce, des pommes trempées dans le miel et d’autres mets sucrés.
- Tachlikh (תשליך) : le premier jour de Roch Hachana, il est courant de se rendre près d’un cours d’eau pour effectuer la cérémonie de Tachlikh. Durant cette cérémonie, on jette symboliquement des miettes de pain ou des cailloux dans l’eau pour représenter la purification des péchés de l’année écoulée.
- Tsom (צום) : bien que le jeûne ne soit pas une obligation pendant Roch Hachana, certains croyants choisissent de jeûner le jour précédent, connu sous le nom de « Veille de Rosh Hachana », comme un moyen de se préparer spirituellement pour les jours à venir.
- Teshouva (תשובה) : Roch Hachana marque le début des « Jours de Pénitence » (Yamim Noraim), une période de réflexion et de repentir qui se poursuit jusqu’à Yom Kippour. Pendant Roch Hachana, il est traditionnel de se consacrer à la teshouva, à l’introspection et à la recherche du pardon pour les erreurs commises au cours de l’année écoulée.
La fête dure deux jours, et se déroule au mois de Tichri.
Yom Kippour (יוֹם כִּפּוּר)

La fête de Yom Kippour peut se traduire comme « le grand pardon » ou encore « le jour de l’expiation ». Comme son nom l’indique, c’est un jour pour faire pardonner ses fautes auprès de Dieu ainsi qu’auprès des personnes que l’on a pu blesser au cours de l’année écoulée. Yom Kippour partage des points communs avec le Shabbat dans la mesure où de nombreuses activités sont interdites. On doit notamment respecter un jeûne de 25 heures : ne pas manger, ne pas boire, ne pas avoir de relations conjugales, ne pas se nettoyer le corps, pas de chaussures en cuir etc… C’est le jour le plus saint du calendrier hébraïque. La fête est également décrite dans le livre du Lévitique ou « Et il appela » ou Vayiqra au chapitre 23 :
L’Eternel dit à Moïse : « Le dixième jour de ce septième mois, ce sera le jour des expiations. Vous aurez une sainte assemblée, vous vous humilierez et vous offrirez à l’Eternel des sacrifices passés par le feu. Vous ne ferez aucun travail ce jour là, car c’est le jour des expiations, où l’expiation doit être faîte pour vous devant l’Eternel, votre Dieu »
Voici les quelques moments et thèmes essentiels de Yom Kippour (avec la translittération, le nom en hébreu, et le sens de chaque moment) :
- Seoudat Mafseket (סעודת מפסקת) : il s’agit du dernier repas pris avant de commencer le jeûne. Généralement ce n’est pas un repas festif, mais plutôt frugal
- Kol Nidrei (כל נדרי) : les célébrations de Yom Kippour commencent avec le service du soir appelé « Kol Nidrei ». Cette prière spéciale est récitée à la synagogue et marque le début de la période de repentir et de pardon.
- Tsom (צום) : pendant Yom Kippour, les adultes juifs observants jeûnent pendant environ 25 heures, s’abstenant de manger, de boire, de se laver, et de s’adonner à d’autres activités physiques ou matérielles. Le jeûne est considéré comme un moyen de purification spirituelle et de focalisation sur la prière et la réflexion.
- Tefilah (תפילה) : la prière occupe une place centrale pendant Yom Kippour. Les services de prière à la synagogue sont longs et comprennent des récitations spéciales pour demander le pardon des péchés et pour exprimer l’espoir de la rédemption.
- Vidouï (וידוי) : le « Vidouï », ou confession des péchés, est récité à plusieurs reprises pendant les prières de Yom Kippour. Les fidèles récitent collectivement une liste exhaustive de péchés, reconnaissant ainsi leurs fautes devant Dieu et cherchant son pardon.
- Né’ila (נעילה) : le service de clôture de Yom Kippour est appelé « Né’ila », ce qui signifie « fermeture ». C’est le service final de la journée, pendant lequel les portes du ciel sont censées se refermer. Les prières de Né’ila sont intenses, et c’est un moment où les fidèles font un dernier effort pour obtenir le pardon divin avant la fin du jour saint.
La fête dure un jour, et se déroule au mois de Tichri.
Les fêtes rabbiniques
Pourim (פּוּרִים)

Cette fête commémore les évènements relatés dans le livre d’Esther (récit qui a suscité beaucoup d’interrogations de part l’absence totale de Dieu) dans lequel cette dernière, épouse du roi Xerxès (ou Assuérus en fonction des traductions) auprès de la cour Perse, déjoue le complot du conseiller Haman visant à exterminer les juifs. C’est une fête très festive avec des accents de carnaval. On a coutume d’offrir des sucreries à cette période. Voici les moments essentiels de la célébration de Pourim (vous retrouverez les translittérations, les noms hébreux et le sens de chaque moment) :
- Taanit Esther (תענית אסתר) : la veille de Pourim, les Juifs observent un jeûne en commémoration du jeûne de la reine Esther avant qu’elle ne se présente devant le roi Xerxès pour plaider en faveur de son peuple.
- Meguilah (מגילה) : le soir de Pourim et le matin suivant, la Meguilah d’Esther est lue dans les synagogues. Ce texte relate l’histoire d’Esther et de Mardochée, ainsi que la délivrance miraculeuse du peuple juif de l’extermination planifiée par Haman le conseiller du roi Xerxès.
- Michté (משתה) : après la lecture de la Meguilah, les familles se réunissent pour un festin appelé « Michté ». Ce repas festif comprend souvent des plats traditionnels, des gâteaux spéciaux comme les « Hamantaschen » (des pâtisseries triangulaires en forme de chapeau d’Haman), et des boissons.
- Matanot Laevyonim (מתנות לאביונים) : une partie importante de Pourim est la charité envers les moins fortunés. Les gens offrent des dons en argent ou en nourriture à au moins deux pauvres pendant la journée de Pourim.
- Mishloach Manot (משלוח מנות) : les gens échangent des cadeaux de nourriture, appelés « Mishloach Manot », avec des amis, des membres de la famille et des voisins. Ces cadeaux sont généralement composés d’au moins deux types de nourriture prête à manger et sont destinés à renforcer les liens communautaires et la camaraderie.
Elle dure un jour, et se déroule le mois de Adar.
Hanouka (חֲנֻכָּה)

On commémore avec cette fête la révolte dite des Maccabées, face aux Syriens qui voulaient helléniser les juifs et supprimer leur religion. Lorsque les Juifs purent à nouveau consacrer le Temple, un miracle se produisit lorsque qu’ils allumèrent la menorah (chandelier à sept branches, en hébreu : מְּנוֹרָה) : les bougies brûlèrent huit jours alors qu’il n’y avait de l’huile que pour un jour seulement. On commémore cet évènement en allumant chaque soir une bougie, d’abord une, puis deux jusqu’à allumer un total de huit bougies. Voici les moments et composantes importants de la fête de Hanouka (avec la translittération, le nom en hébreu et son sens) :
- Nerot Hanouka (נרות חנוכה) : chaque soir pendant les huit jours de Hanouka, on allume une ou plusieurs bougies sur le chandelier à neuf branches appelé « hanoukiah ». On allume une bougie le premier soir, deux le deuxième soir, et ainsi de suite jusqu’à huit le dernier soir. Ces bougies commémorent le miracle de l’huile qui a duré huit jours dans le Temple de Jérusalem.
- Al Hanissim (על הנסים) : il s’agit d’une prière ajoutée aux bénédictions quotidiennes et à la prière d’Amida pendant Hanouka, dans laquelle on exprime sa gratitude pour les miracles et les merveilles que Dieu a accomplies pour le peuple juif à cette époque.
- Ma’oz Tzur (מעוז צור) : c’est un hymne traditionnel chanté pendant Hanouka. Les paroles expriment la gratitude envers Dieu pour les nombreux miracles qu’il a réalisés pour sauver le peuple juif de ses ennemis.
- Sevivon (סביבון) ou Dreidel (דריידל) : c’est un jeu de toupie traditionnel joué pendant Hanouka. Chaque face de la toupie porte une lettre de l’alphabet hébreu, qui forme l’acronyme de « Nes Gadol Haya Sham » (Un grand miracle s’est produit là-bas).
- Levivot (לביבות) : aussi connues sous le nom de latkes, ce sont des galettes de pommes de terre frites dans l’huile, un aliment traditionnel de Hanouka. La friture rappelle le miracle de l’huile qui a brûlé miraculeusement pendant huit jours dans le Temple de Jérusalem.
- Sufganiyot (סופגניות) : ce sont des beignets garnis de confiture ou de crème, une autre spécialité culinaire de Hanouka. Ils sont également frits dans l’huile pour commémorer le miracle de l’huile.
La fête dure huit jours, et se déroule entre les mois de Kislev et Tèvèt.
Ticha Be Av (תִּשְׁעָה בְּאָב)

On se souvient de la destruction des deux Temples de Jérusalem (d’abord par l’Empire Babylonien puis par l’Empire Romain). C’est un jour de jeûne. La fête dure un jour, et se déroule au mois de Av.
Simhat Torah (תּוֹרָה שִׂמְחַת)

On célèbre le fait que le cycle de lecture de la Torah s’achève puis reprend le même jour (pour comprendre le cycle de lecture de la Torah, direction cette page). Voici les moments essentiels de la fête de Simhat Torah (avec la translittération, le nom en hébreu et le sens) :
- Hakafot (הקפות) : « Tours » ou « Cercles ». Ce rituel consiste à faire sept tours autour de la bimah (le pupitre de lecture de la Torah) en portant les rouleaux de la Torah. Cela se fait généralement avec beaucoup de chant, de danse et de joie.
- Kriat HaTorah (קריאת התורה) : « Lecture de la Torah ». La lecture finale de la Torah se fait lors de Simhat Torah, complétant ainsi le cycle annuel de la lecture de la Torah. On lit la fin du Deutéronome (Devarim) et recommence immédiatement avec le début de la Genèse (Bereshit).
- Chatan Torah (חתן תורה) : « Marié de la Torah ». Ce titre honorifique est donné à la personne appelée à la Torah pour lire la dernière section du Deutéronome.
- Chatan Bereshit (חתן בראשית) : « Marié du Commencement ». Ce titre est donné à la personne appelée à la Torah pour lire la première section de la Genèse, marquant ainsi le début du nouveau cycle de lecture.
Cette fête dure un jour, et se déroule au mois de Tichri.
Une liste des bénédictions prononcées à l’occasion des fêtes est disponible sur cette page. Pour aller plus loin sur le sujet des fêtes juives, je vous invite à lire les quatre ouvrages suivants :
- « Fêtes juives » dans les Cahiers Evangile aux éditions du Cerf
- « Le Judaïsme dans la vie quotidienne » d’Ernest Gugenheim
- « Le Judaïsme : Histoire, fondements et pratiques de la religion juive » de Quentin Ludwig dans la rubrique dédiée aux fêtes
- « Le Judaïsme : pratiques, fêtes et symboles » de Hélène Hadas-Lebel
- « Introduction à l’esprit des fêtes juives » de Adin Steinsaltz
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